Blue Flower

On aime jamais trop, on aime parfois mal. Aimer, c’est essayer de comprendre, de connaître, et d’agir en respectant ses besoins avant les nôtres

Le chien vit depuis si longtemps avec l’être humain que nous croyons le connaître. Mais que savons-nous vraiment de cet animal attachant ? Est-ce que nous le comprenons si bien que ça ? Nous vivons avec des chiens depuis des années, et il ne se passe pas un jour sans que nous n’apprenions quelque chose à leur sujet. Plus nous les observons, plus nous les fréquentons, et plus nous nous rendons compte qu’il y a encore bien des choses que nous ignorons ! Dans le but de vous aider, et de LES aider, nous allons vous transmettre le peu de notre savoir.

 

LE CHIEN EST UN CHIEN !

D’accord, vous le saviez déjà ! Mais qu’est-ce que cela veut dire exactement ?

  • Un chien n’est pas un être humain
  • Un chien fait partie de l’espèce canine

Un chien n’est pas un être humain . Sa façon de fonctionner est très différente de la nôtre, car il fait partie d’une AUTRE ESPECE que la nôtre ! Or, la plupart des gens antropomorphisent leur animal. On croit qu’il pense de la même façon que nous, on lui prête des intentions ou des sentiments très humains. Ce faisant, rempli de bonnes intentions, on le place dans des situations cornéliennes pour lui, qui peuvent le déstabiliser, l’angoisser, voire le plonger dans la détresse. Un maître plein de bonne volonté et d’amour pour son chien peut être maltraitant par ignorance. Bien sûr, le chien a des points communs avec l’homme. Cela n’est pas pour rien qu’il est notre plus fidèle ami depuis des milliers d’années (15'000 ans environ)! Mais qui est-il, alors ?

Le chien fait partie de l’espèce canine . C’est un mammifère supérieur, social et prédateur. Il a de grands points communs avec son frère le loup (leur séquence ADN ne diffère que de 0,2% !), mais de grandes différences, aussi, dont une essentielle : il partage notre vie depuis des milliers d’années. Son biotope n’est plus la forêt, c’est notre civilisation. Tout ce qui précède influence son comportement.

Un mammifère supérieur est doué d’intelligence et capable d’apprentissages. Il va donc évoluer, dès le début et tout au long de sa vie, en fonction des expériences vécues et des émotions ressenties. Le développement de son intelligence se fait essentiellement par association (un comportement va rapporter du plaisir, ou rien, ou du déplaisir), mais il est capable de raisonnement. La motivation du chien est son principal moteur. Comme tout être intelligent, il a besoin de faire travailler ses méninges pour être bien équilibré.

Un être social vit en groupe. Il a besoin du groupe pour survivre, c’est écrit dans ses gênes. Cela explique pourquoi le chien n’est pas fait pour rester seul des heures. Un chien qui est trop seul s’angoisse, et s’ennuie aussi. Il a besoin de la compagnie de son maître, de sa famille, mais également de ses congénères. Le fait d’être un animal social fait qu’il a développé un langage complexe, propre à son espèce. Votre chien est le champion de la communication. La parole ne lui manque pas du tout, il a bien plus. Il possède un langage non verbal très riche : mimiques, position corporelle, odeurs, phéromones, bruitages… Le chien est sans arrêt en train de communiquer, et vous aussi pour lui, sans vous en rendre compte. Il voit le moindre signe inconscient donné par une dilatation de pupille, un micro-muscle qui se crispe, une odeur… Son langage est propre à l’espèce canine, donc souvent mal compris et mal interprété par l’espèce humaine. Le chien comprend très bien ce que vous avez au fond de vous, transmis par des signaux involontaires, mais n’est pas capable de comprendre certaines de vos intentions trop compliquées ou trop humaines pour lui.

Le chien est un prédateur. Cela veut dire que TOUS les chiens, du plus petit au plus grand, du plus doux au plus téméraire, sont programmés pour chasser. Cela n’est pas du vice, c’est un instinct de survie. Plus ou moins développé, selon la race et l’individu, mais tous les chiens représentent un dérangement et un risque de dommage à la faune. Contrairement à une proie, dont la survie est liée à la fuite, le prédateur a du courage, de la curiosité, il essaie de faire face. Il a aussi l’instinct de poursuite (lièvre, chevreuils, chats, oiseaux, mais aussi vélos, joggers, trottinettes, voitures, enfant qui coure). Tout ce qui part rapidement déclenche chez le chien un instinct de poursuite. Cela fait partie du comportement de chasse. On peut apprendre au maître et au chien à gérer cela. Le propriétaire du chien a le devoir de protéger la faune des dégâts occasionnés par son chien. Le chien a aussi un besoin de recherche de nourriture.

La grande majorité des chiens vit avec ou à côté de l’être humain. Il s’est adapté à cette condition et entretien des relations suivies avec nous que cela soit dans la confiance ou dans la peur selon les cas.

Les besoins du chien

Prendre un chien est un choix de vie !!! Il est lamentable de constater que trop de nos compagnons passent des heures seuls, sans compagnie et sans occupation. Vous travaillez toute la journée, vos loisirs sont le resto, le cinéma et le ski ? Ok, mais ne prenez pas de chien ! Accueillir un chien dans sa vie sous-entend lui consacrer DU TEMPS ! Un chien requiert environ cinq heures de votre temps par jour, entre la nourriture, le brossage, les ballades, les jeux et l’éducation. Alors réfléchissez bien. Un chiot demande autant d’énergie et de travail qu’un petit enfant, la première année. Le chien a BESOIN de faire travailler ses méninges, de réfléchir (jeux, recherche de nourriture…) Il a besoin d’exercice physique. Même pour les petites races, une heure de ballade quotidienne, par n’importe quel temps, est un minimum. Deux, c’est mieux. Il a besoin de jouer avec son maître, mais aussi de rencontrer régulièrement d’autres chiens pour les contacts sociaux. C’est un animal de meute et, s’il doit savoir rester seul à la maison des moments (jusqu’à une demi-journée), il souffre d’un abandon trop répétitif. Enfin, il a besoin d’un cadre, d’une structure.

Le cadre (fixer des limites)

On entend souvent « tu dois être le chef de ton chien ». C’est vrai, mais avec nuance. Il faut être un bon chef, et un bon chef est celui qui s’impose sans JAMAIS s’énerver, sans se fâcher, c’est celui qui acquiert la confiance de son chien parce que sa solidité rassure le chien. Face aux dangers de la vie, un bon chef protège, assure la subsistance et la sécurité. En bref, c’est un guide, une référence. Il est capital d’éviter le maternage, qui conforte le chien dans ses peurs car il ne donne pas une image rassurante du maître. Il faut également éviter la dureté, qui effraie le chien qui ne la comprend pas. Il est indispensable d’être CALME, régulier, persévérant, ferme et inflexible, mais aussi ludique, encourageant et ré-compensatoire. Il est également capital de respecter la progression dans les apprentissages et de comprendre l’état émotionnel du chien.

Les principes de l’éducation (renforcement positif et instantanéïté)

Le travail doit être fait souvent, en très courtes séances, en respectant la progression de l’apprentissage et le niveau du chien, en récompensant les réussites, dans des conditions confortables. On s’arrête toujours sur un exercice réussi. On ne refait jamais tout de suite une chose bien réussie pour voir si ça re-réussit . On demande une seule chose à la fois. En effet, le chien apprend mieux et plus vite si on décortique un exercice en séquences récompensées. Une fois chaque partie bien acquise, on peut enchaîner (toujours progressivement) les parties de l‘exercice. L’éducation d’un chien est plus affaire de savoir-être que de savoir-faire. Une personne calme, persévérante, convaincue, se fait respecter de l’animal. Et surtout, il est capital que maître et chien aient du plaisir à être ensemble et à travailler.

Les récompenses

Pour que le chien apprenne quelque chose, il doit être motivé. La récompense est une bonne motivation. Un comportement qui rapporte une récompense au chien sera reproduit par lui. Un comportement qui ne lui rapporte rien sera abandonné. Les récompenses peuvent être des friandises, le jeux, des félicitations ou un sourire du maître. Les caresses ne sont pas forcément ressenties comme agréables lors du travail.

Les émotions et les associations

On l’a vu, le chien est un mammifère intelligent et capable d’apprentissage. S’il est capable de raisonnements simples, il progresse surtout par associations. Si lors de l’exercice de rappel, il reçoit systématiquement un peu de cervelas, il associe le retour vers le maître au plaisir du bon goût du cervelas… et il revient ! Le plaisir est une émotion agréable. Si par contre le maître hurle lors du retour vers lui, le chien a peur, et la peur est une émotion désagréable. Il ne reviendra donc plus ! Il est donc capital de s’assurer que le chien est dans des émotions positives et fait des associations agréables lors de tous ses apprentissages.

Dix suggestions

Un mot-clé, toujours le même, différent pour chaque exercice

Un seul ordre à la fois

  • Une récompense à chaque réussite immédiatement
  • Des séances de travail quotidiennes mais courtes, qui s’arrêtent sur un exercice réussi
  • Demandez un exercice à portée du chien et insistez calmement jusqu’à l’atteinte de l’objectif.
  • NE CEDEZ JAMAIS. Si vous n’êtes pas en forme ou pressé, mieux vaux ne pas travailler
  • Ne suivez jamais votre chien. C’est lui qui doit vous suivre
  • Jamais de violence, seulement de la patience et de la persévérance. Restez calme et serein.
  • Le chien est un être vivant avec des jours avec et des jours sans. Il a droit à l’erreur
  • Vous êtes aussi un être vivant et vous avez aussi droit à l’erreur !

Nous vous souhaitons beaucoup de bonheur avec ce merveilleux ami qu’est votre chien !

Merci à Patricia Delafontaine pour son autorisation à nous inspirer de son texte.